Vision d’un monde futuriste

Récit d’un monde parallèle

par Zoé PILLORGER, Yoan LELONG, Karl ANDRE et Victor CHESNOY

Comment pourrait se dérouler la journée d’une personne dans plusieurs dizaines d’années à la frontière entre le métavers et le futur ? C’est la question à laquelle nous avons tenté de répondre.

Nous sommes en 2067 et comme chaque matin, Guy se réveille. Premier réflexe ? Allumer son smartscreen, voir l’ensemble de ses notifications et gérer son monde virtuel. Guy s’habille et se dirige devant son Wardrobe one, son armoire numérique lui permettant d’accorder ses vêtements avec ceux de son avatar virtuel grâce à un simple scan. Après cela, Guy rentre dans son bureau, allume toutes les Leds d’un claquement de doigt et met son casque de réalité virtuelle afin d’assister à des réunions de travail. Il prend place sur son tapis de déplacement tridimensionnel lui permettant de se mouvoir et d’interagir avec ses collègues, exactement comme dans la réalité. Guy a aussi la chance d’être équipé de la 14ème génération de la puce communicationnelle. Implantée dans le cerveau, elle lui permet de déchiffrer parfaitement et automatiquement les langues étrangères de ses collègues.

Un changement radical dans sa vie ! Après sa longue journée de travail, Guy repose son casque et change de pièce. En un nouveau claquement de doigt, tous les ordinateurs s’allument. Il enfile un casque, un peu plus gros que celui pour travailler, et revêt un gilet exosquelettique. Développé par la société Méta il y a plusieurs années, il lui permet d’avoir une meilleure immersion dans les jeux vidéo. En effet, lui qui est un grand fan du jeu Call of duty, cela lui permet d’être totalement immergé et de prendre des décisions plus réalistes en ressentant les douleurs. Après quelques heures de jeu, il lui suffit de prononcer le mot “heure” à voix basse pour qu’un écran affichant “20h31” apparaisse. Mince, Guy est en retard, il avait rendez-vous à 20h30 avec les avatars virtuels de ses amis pour suivre le concert de Michael Jackson en tournée partout dans le monde virtuel. Son espace de jeu se range petit à petit dans les murs pour faire place à un siège englobant, dans lequel il ressent toutes les vibrations et peut être virtuellement avec ses amis.

Un récit inventé

 

Ce récit est inventé de toutes pièces. Ces idées sortent de nos cerveaux et de nos recherches sur internet, sans lien avec la réalité, mais avec l’idée que dans le futur, le métavers pourrait nous apporter énormément de possibilités. Dans ce récit, bon nombre de technologies ne sont que des inventions, mais peut-être pourrait-on les voir arriver dans le monde réel d’ici plusieurs années. Reste qu’il est très difficile de se projeter dans le futur : les besoins, les envies et les idées que nous avons aujourd’hui ne seront sans doute pas les mêmes dans 40 ans.

Nous avons évoqué, dans ce récit, un gilet exosquelettique. Il permettrait à l’utilisateur de mieux comprendre et de mieux s’imprégner de l’univers du jeu. Cela pourrait être incroyable de ressentir les moindres sensations d’un jeu vidéo : le vent qui arrive sur nous lors de nos déplacements, les sensations de gouttes qui nous tombent dessus lorsqu’il pleut… Les choix faits par le joueur seraient fortement influencés par cela, tout en amenant une grande expérience immersive. L’impression d’être sur un champ de bataille, recevoir des dégâts tout en les ressentant, puis retirer son gilet et ne plus rien percevoir. Cela pourrait s’apparenter à des technologies qui existent déjà aujourd’hui, telles que des sièges immersifs. A l’image de ceux présents dans les parcs d’attraction, ces sièges nous permettraient d’utiliser tous nos sens à travers une aventure virtuelle.

Ensuite, nous avons abordé le sujet des avatars virtuels. Le fait d’incarner ces personnages nous permettrait de faire beaucoup de choses impossibles aujourd’hui. Assister à un concert avec des millions de personnes en ligne au même moment, mais cette fois en ressentant toutes les sensations environnantes, avec le siège qui bouge, l’impression d’avoir des personnes autour de soi… Ce pourrait être possible à travers ces représentations virtuelles. Cet avatar en ligne pourrait aussi nous permettre d’apprendre certains métiers dangereux. En effet, dans bon nombre de métiers, il faut passer une formation au préalable pour limiter les risques d’accident. On pourrait imaginer passer cette formation dans un monde virtuel. Il existe plein de possibilités que nous n’imaginons même pas à l’heure actuelle.

Et enfin, nous avons parlé d’une puce communicationnelle qui permettrait de mieux comprendre les personnes derrière leurs écrans et les langues étrangères. C’est peut-être l’idée qui nous fait le plus peur (la puce étant implantée), mais c’est  sûrement la moins probable.

Le métavers pourrait nous apporter de nouvelles expériences. A l’heure actuelle, il y a beaucoup de réflexions et de riches entreprises investissent des milliards de dollars. Mais serait-ce vraiment utile ? Ne serait-ce pas une façon de fuir le monde réel pour éviter d’en régler les problèmes ?

« Il faut réfléchir à notre attachement au numérique »

Maîtresse de conférences en sciences de la communication et chercheuse à l’université Paris 3, Laurence Allard partage sa vision du métavers.

De façon concrète, que pourrait changer le métavers dans notre vie de tous les jours ?

Laurence Allard : « A court terme, le métavers ne va rien changer, il faut être raisonnable ! Pour appréhender le problème, il faut reprendre l’historique. Le métavers apparaît aujourd’hui comme une mode, mais c’est grâce à la convergence d’un ensemble de filières technologiques arrivées à maturité. Il y a des financements par l’effet de mode : maintenant que tout le monde en parle, des entreprises ont pensé qu’il était nécessaire d’investir. Mais on peut se demander combien de temps il faudra pour que le métavers arrive à terme. »

Casque VR

© Wacomka – Shutterstock

La cryptomonnaie peut-elle favoriser le développement du métavers ?

« Oui, c’est ce qui permet de remettre un token (un jeton) dans la machine métavers, et il y a eu de nombreuses expérimentations. Aujourd’hui, à la faveur d’investissements, il est possible de remplir ces mondes avec des objets virtuels, de les acquérir ou de les échanger. Cela permet de donner de la valeur à tout un écosystème (via des objets et tableaux virtuels, NFT…) qui a besoin d’un espace où exister. Cela pourrait être sur le métavers. Avec cette idée d’avoir découvert, via les cryptomonnaies, l’importance de la décentralisation, on retrouve les origines de l’infrastructure d’internet. »

Métavers casque VR

© Wacomka – Shutterstock

Existe-t-il des risques de dérives ?

« Effectivement, cela va créer de l’exclusion au moment où l’on se pose des questions d’inclusion. Toutes les personnes n’auront pas les moyens d’intégrer le métavers et d’investir dans ce qui tourne autour (NFT, cryptomonnaie). Et d’un point de vue écologique, il faut réfléchir aux conséquences de notre attachement au numérique. »

Métavers casque VR

©Iryna Imago – Shutterstock

La cryptomonnaie dans le métavers

Quelle place pour les crypto-monnaies ?

par Zoé PILLORGER ,Karl ANDRE, Victor CHESNOY et Yoan LELONG.

Quelle place pour les crypto-monnaies ?

Aujourd’hui en pleine expansion, la crypto-monnaie pourrait prendre une place de plus en plus importante dans notre quotidien. Ces nouveaux moyens de paiement numériques pourraient bien avoir un impact important dans le monde du métavers. A l’heure de la digitalisation, ils pourraient devenir une alternative valable à la monnaie que nous connaissons actuellement. Les crypto-monnaies existent depuis de nombreuses années maintenant, mais elles avaient principalement pour objectif de capitaliser, plutôt que de servir à payer. En effet, bon nombre des possesseurs de crypto ne faisaient que de les vendre ou d’en acheter en fonction de leurs valeurs. Aujourd’hui, très peu de sites internet proposent des paiements en crypto-monnaies. On pourrait alors imaginer que l’arrivée et le développement du métavers soient l’occasion parfaite d’utiliser cette monnaie virtuelle, qui n’attend plus que ça pour s’envoler d’autant plus. Alors, l’achat de terrains, de vêtements, de places de concert virtuel, voire de power-ups (bonus) dans l’utilisation de certains jeux vidéo, pourrait se faire avec ces monnaies virtuelles.

Karl ANDRE, Victor CHESNOY & Yoan LELONG

Pour en apprendre plus sur le métavers :

Retrouvez nos articles sur la présentation du métavers ainsi que 3 œuvres pour comprendre cet univers.

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