Bientôt un monopole dans le jeu vidéo ?
Bientôt un monopole dans le jeu vidéo ?
69 milliards de dollars. C’est la somme que Microsoft va dépenser pour mettre la main sur Activision-Blizzard, un développeur et éditeur américain de jeux vidéo, créateur des licences de World of Warcraft et Call of Duty, d’après le Figaro. Cette action témoigne d’une forte tendance aux acquisitions par de grands groupes dans le domaine du jeu vidéo. En effet, Microsoft a pour objectif d’accroître son influence à travers différents achats de studios éditeurs. Une stratégie confirmée par sa dernière acquisition, Bethesda Softworks, une compagnie américaine de jeux vidéo qui a développé entre autres Skyrim. Comment le marché va-t-il évoluer ? Quel est l’avenir des petits studios ? Pour mieux comprendre ces enjeux, nous avons demandé son avis à Julien Rateau (Silent_Jay), journaliste chez Jeuxvidéo.com, un site d’information spécialisé dans l’actualité du jeu vidéo.
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Interview de Julien Rateau, journaliste spécialisé chez JV
Lucille Morel (étudiante) : Que pensez-vous du rachat d’Activision-Blizzard par Microsoft ?
Julien Rateau : C’est dans l’ère du temps. Il y a une tendance à la concentration des entreprises dans le secteur du jeu vidéo, comme dans d’autres domaines tels que les médias avec le groupe Bolloré. Ce qui est vraiment surprenant dans ce nouvel achat, c’est l’énormité de son montant. Et pourtant, Microsoft est une entreprise tellement puissante, que mettre la main sur Activision-Blizzard, c’est comme acheter une baguette de pain pour elle. Un véritable mastodonte sur le marché !
L’industrie du jeu vidéo s’oriente-t-elle vers un monopole ?
Comme dans tous les secteurs, il y a des monopoles régionaux. On retrouve Tencent en Chine, Nintendo et Sony au Japon, Microsoft et Electronic Arts (EA), développeur des Sims, aux Etats-Unis… Pour que Microsoft soit le leader dans la région occidentale, il faudrait qu’il acquiert EA, or ce n’est pas le cas actuellement. Il faudrait trois ou quatre acteurs principaux pour parler de monopole mondial, mais il y en a trop pour n’en distinguer que quelques-uns.
Quels avantages et inconvénients voyez-vous à cette tendance aux rachats ?
Ce que je crains le plus, c’est une uniformisation des contenus et surtout, une baisse de créativité. Comme durant la période Call of Duty, qui a explosé dans les années 2010, avec une production à la chaîne sans réelle nouveauté à chaque sortie de jeu. Le risque est de basculer vers un oligopole vidéoludique, ce qui est vraiment à éviter. En revanche, ces acquisitions permettraient de donner plus de moyens financiers aux studios rachetés. Un autre atout serait de favoriser un accès pour tous à la culture vidéoludique, comme le fait Xbox GamePass, une plateforme d’abonnement de jeux vidéo à la Netflix.
Célia ETAVE, Léonie LOCHET & Lucille MOREL
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